13 février 2012
Il aura fallu un peu plus de deux ans pour avoir les résultats de l'étude menée par l'association rennaise Air Breizh en2009 et2010, sur les émissions de poussières générées par l'activité du port de commerce de Kergroise. Émissions qui ont semé l'inquiétude chez les riverains du port - notamment l'association Rade Environnement, inquiète des conséquences sur la santé des émissions de poussières produites par les déchargements de ciment, du soja, ou de tournesol. Une campagne de mesure a donc été confiée par Cap l'Orient, à l'association Air Breizh. Un camion analyseur a effectué plusieurs campagnes de prélèvements à différents endroits du port. Du 17mars au 28avril 2009, rue du Calvaire, près du gymnase Svob. Du 28avril au 27mai 2009, près du rond-point des Asturies et du Foyer des jeunes travailleurs. Du 20octobre au 8décembre 2009, à la capitainerie du port de Pen Mané à Locmiquélic. Du 21janvier au 17février 2010 à l'École supérieure d'art. Ont été mesurés la concentration des particules appelées PM10, inférieures à dix micro-mètres, ainsi que le dioxyde d'azote, cela pour étudier l'impact du trafic routier sur la qualité de l'air. Les poussières ont également été mesurées sur le site de la déchèterie de Kergroise.
Empoussièrement fort
Après analyses, les données ont révélé un seul point d'empoussièrement ponctuellement élevé. Il s'agit de la déchèterie de Kergroise, située à proximité des silos et entrepôts. Pendant la première série de campagne, la norme de 350mg par m² et par jour a été dépassée. Ce qui correspond à un empoussièrement fort. Cette norme de 350mg/m²/jour est celle retenue en Allemagne, car il n'existe pas de norme française ou européenne, en la matière. «Selon l'échelle de qualification d'empoussièrement élaborée par Air Languedoc Roussillon, l'empoussièrement peut être considéré comme faible sur les autres sites de mesures pendant les trois dernières campagnes, soit inférieur à 150mg/m²/jour,» note les scientifiques d'Air Breizh. Pour ce qui concerne les particules en suspension, des dépassements du seuil réglementaire ont été observés un jour en février2009, et un autre en mars. Une pollution qui, selon les analyses d'Air Breizh, n'a rien à voir avec l'activité du port, mais est liée à un régime anticyclonique et à un contexte de pollution à plus grande échelle.
Le site du gymnase Svob impacté
En clair, cette étude a permis de démontrer l'impact du port, sur le site du gymnase Svob, rue du Calvaire, pendant la première série de mesures, mais pas sur les trois autres sites. «Le site du Foyer des jeunes travailleurs n'a pas été suffisamment exposé aux vents du port pendant la campagne pour permettre des conclusions», note le rapport d'Air Breizh. «Les sites de Locmiquélic et de l'École supérieure d'art sont ceux principalement influencés par la pollution urbaine. La contribution du port aux concentrations en PM10 ne peut être déterminée avec précision, en raison des différentes sources émettrices existantes (trafic routier, installation de chauffage, agriculture, embruns marins...) Enfin, conclut le rapport, «le lien entre les opérations de chargements-déchargements des navires et la pollution particulaire n'a pas été établi». Selon les scientifiques d'Air Breizh, il existe d'autres sources émettrices de particules sur les ports, que la zone de déchargement, comme les silos à plat.
16 mai 2012 à 10h04 - 1 réaction(s)

16 mai 2012 à 10h06