29 décembre 2010 - 13 réactions
>> La position du maire, Victor Tonnerre
Electrohypersensibilité (EHS), ou Syndrome d'Intolérance aux Champs Électromagnétiques (SICEM): deux sigles abscons derrière lesquels se cache une réalité souvent très difficile à vivre pour les personnes qui en souffrent. «Quand vous en parlez on vous prend pour une dingue,» résume, avec une moue agacée Gaëlle Mansuy-Caro, une habitante de Larmor-Plage qui se bat depuis plusieurs années pour faire reconnaître le danger que peuvent représenter pour l'être humain les ondes magnétiques. Elle a pris la tête d'une fronde qui commence à agiter les quartiers résidentiels de sa commune, où ont poussé depuis cinq ans de coquettes maisons. Elle a créé un collectif d'habitants qui partagent ses doutes: le collectif des Oliviers.
Insomnies et malaises
Dans sa ligne de mire, le château d'eau de Larmor-Plage, situé dans le quartier de Kervaugam et hérissé d'antennes et émetteurs pour la téléphonie, la Wi-Fi et la radio. Elle accuse les ondes émises d'être responsables des pathologies qui ont empoisonné sa vie et celle de ces deux petites filles pendant deux ans, jusqu'à ce qu'elle se décide à quitter la maison qu'elle a investie en 2005, à 350 mètres du château d'eau. «Nous sommes rentrées en janvier2005 dans cette maison que nous avions fait construire dans le lotissement des Oliviers,» raconte-t-elle. Au début tout allait bien. On était content. Petit à petit ma fille aînée alors âgée de 2 ans a enchaîné les maladies. Toutes les nuits, elle se plaignait de maux de tête, d'oreilles et gémissait. Elle a commencé à faire des fièvres inexpliquées pendant la nuit. Mon médecin n'y comprenait rien. Dans le même temps, j'ai commencé à faire des malaises nocturnes. On a suspecté un cancer de l'intestin. Ma deuxième fille, née en 2006, s'est mise à vomir régulièrement. Elles étaient malades la nuit. Le jour rien. On a cherché tous azimuts. Ma fille aînée a été hospitalisée en urgence en décembre2007. Radio, échographie. On ne trouve rien. On nous a dit que c'était une crise de rhumatisme articulaire aiguë.» Gaëlle raconte l'épuisement de ces nuits sans sommeil, des questions sans réponses. Le déclic a lieu en 2008. «J'ai appris que d'autres enfants dans le quartier dormaient mal, qu'une dame qui habitait là depuis neuf ans avait déclaré une leucémie. Je me suis rendu compte que je n'étais pas toute seule à avoir des symptômes. J'ai fait des recoupements. À chaque fois que je jardinais, dans la nuit j'étais malade.» Et si les responsables étaient les ondes émises par les antennes installées sur le château d'eau?
450 signatures sur la pétition
Début 2009, le combat commence. Gaëlle contacte l'association nationaleRobin des Toits qui «lutte pour la sécurité sanitaire des populations exposées aux nouvelles technologies de télécommunications sans fil». Monte un collectif, qui regroupe une quinzaine de personnes. Écrit au maire, au préfet, à la députée. Organise une pétition et recueille 450 signatures. Elle demande que l'on mesure les ondes émises. L'association Robin des Toits lui conseille de déménager, ou de dormir au rez-de-chaussée, qui reçoit moins d'ondes que l'étage. Toute la famille dort dans le salon. L'état de santé des petites et de leur maman s'améliore un peu. Le salut viendra quand même d'un déménagement. En mai2009, on lui prête une maison, loin du château d'eau. «Incroyable, j'ai fait ma première nuit complète depuis des années,» se souvient Gaëlle. Depuis le mois de mai, elle loue une maison à Ploemeur, non loin du Fort Bloqué. «Je n'ai plus fait de malaise depuis mai. Ma fille aînée dort treize heures d'affilée la nuit et ne rate plus l'école. Ma cadette n'a pas été malade depuis six mois. Moi-même je n'ai plus de malaises et mes maux de tête sont en train de disparaître.» Gaëlle loue sa maison du lotissement des Oliviers et a informé ses locataires des raisons de son départ. Pour l'instant tout va bien, ils n'ont pas de symptômes. Toute la difficulté est là. Dans un rayon de 600mètres autour des émetteurs certains développent des symptômes d'autres non. Deux autres collectifs viennent de se créer dans deux autres lotissements différents situés à proximité du château d'eau: le collectif du Hameau des Trois Fontaines et celui du quartier d'Ar Menez. Dans le Hameau des Trois Fontaines, les maisons ont moins de trois ans, plusieurs familles ont des symptômes. Madame A.développe depuis quelques mois des acouphènes (sifflements d'oreille) et se sent mal depuis qu'elle s'est installée dans sa pourtant très jolie maison. «Mes voisins eux ont des insomnies depuis qu'ils sont là,» raconte-t-elle. M. N.dans le quartier des Oliviers, affirme que son épouse souffre d'acouphènes depuis 2008. «Dès qu'on part en vacances, elle ne les a plus,» explique son mari. «Au départ on était sceptiques, mais on ne voit pas d'autres causes que les antennes du Château.» M. N.a trouvé sur Internet un tissu spécial qui isole des ondes dont il a entouré la chambre à coucher.
Principe de précaution
Rue de Ploemeur, ils sont plusieurs à avoir des soucis de santé. Mme L.a des problèmes de fatigue, d'orientation et des maux de tête. «Ça s'est installé insidieusement. Quand je suis sur ma terrasse au bout d'une heure, j'ai une migraine. Je rentre, je me calfeutre et ça baisse.Et quand je pars en vacances, je n'ai rien de tout ça». Tous demandent une nouvelle séries de mesures, pour évaluer les ondes émises, effectuées par des laboratoires indépendants des fournisseurs de téléphonie. «Il faut adopter le principe de précaution. On ne sait pas ce qu'il se passe,» souligne l'un d'eux. On constate certains faits mais on ne peut rien démontrer scientifiquement. Il faudrait des mesures sérieuses sur un mois. Le manque de transparence entretient la suspicion.
16 mai 2012 à 10h04 - 1 réaction(s)

16 mai 2012 à 10h06