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Pêche à pied à Gâvres (56). Les rebelles de la Petite mer

9 septembre 2010 - 1 réactions

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Sur l'estran, il y a les pêcheurs à pied professionnels et les autres. Dans la Petite mer de Gâvres, on entretient la confusion, au grand dam des autorités maritimes et du comité local des pêches de Lorient.

Le banc de sable qui se découvre. La magie de l'éphémère. La lumière du matin. Et l'odeur iodée, annonciatrice de belle pêche... Trêve de poésie. L'estran est aussi le terrain de sérieuses foires d'empoigne. Dans la Petite mer de Gâvres, où les pêcheurs à pied ne sont pas nés de la dernière pluie, la houle est toujours prête à se lever dès que l'on met le sujet sur la table. Depuis 2004, et la création de l'association «SOS Petite mer», la fronde a même pignon sur rue à Riantec. Dès que les coefficients de marée s'envolent, comme aujourd'hui (115), on y vend huîtres et palourdes au nez et à la barbe des autorités maritimes. Or, l'achat et la vente sont interdits aux pêcheurs amateurs.

«Un droit coutumier»

«Le commerce de la pêche a toujours existé en Petite mer de Gâvres pour arrondir ses fins de mois. Plutôt que de laisser se développer les dépôts clandestins, on a organisé ce commerce au nom du droit coutumier», expose Alain Malardé qui s'assoit sur les nouveaux règlements. Le bouillant président, toujours prêt à déclencher une tempête médiatique, a bien été rappelé à l'ordre par les tribunaux (400 EUR d'amende). Mais cet épisode judiciaire, aujourd'hui en cassation, n'y a rien fait. Hier, les amateurs ont déversé leur pêche au local de l'association, qui joue les intermédiaires auprès des vendeurs. Des ostréiculteurs le plus souvent. Comme d'habitude. «Onprend 1EUR de marge, le reste revient aux pêcheurs, de l'ordre de 10 à 15EUR par semaine». En ces temps de tension économique, le président, qui revendique près de 450 adhérents, l'appui d'élus locaux et la qualité des produits mis sur le marché, insiste sur l'intérêt de tenir le cap. D'autant que «l'on ne fait pas d'ombre aux professionnels, peu présents sur la Petite mer», affirme le président, convaincu de livrer bataille pour l'avènement du droit coutumier en France. Quitte à saisir la commission européenne des droits de l'homme. Le prix à payer, à ses yeux, pour pêcher l'esprit libre en petite mer de Gâvres.

«Inacceptable» pour le comité des pêches

A Lorient, cette posture continue de faire des vagues. Outre le délit, dénoncé par les Affaires maritimes (lire plus bas), la coupe est pleine pour le comité local des pêches de Lorient. «C'est un faux débat, siffle OlivierLeNézet, leur président. La loi prohibe la vente des non-professionnels pour de bonnes raisons à commencer par le respect de la ressource». Près de 500pêcheurs à pied possèdent une licence dans le département. Mais seule une centaine de timbres, donnant accès à la Petite mer de Gâvres, est délivrée par an. Toujours au nom du respect des norme
s réglementaires.


Un garde-juré en 2011

Olivier Nézet n'oublie pas de rappeler que les professionnels paient une licence. De 60 EUR, la cotisation va être portée à 400 EUR dans l'unique but de financer l'emploi d'un garde-juré, à l'image du secteur voisin d'Auray-Vannes. L'activité de l'association dissidente pourrait s'en trouver affectée, même «si son rôle sera avant tout d'informer la population». Par ailleurs, des panneaux d'affichage sur la réglementation accueilleront bientôt les pêcheurs sur les rives de la ria d'Etel et de la Petite mer de Gâvres. «J'entends défendre les professionnels, c'est un métier à part entière», s'agace le patron du comité lorientais qui s'interroge sur la qualité de cette «vente directe» dont les jours sont peut-être comptés. L'étau, en tout cas, se resserre.

  • Régis Nescop
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1 réaction

  • biloutic
    traditions
    Les habitants de Riantec sont surnommés, me semble-t-il, les "culs-salés", ceci depuis plusieurs générations; la ressource a toujours été préservée. Laissez-leur leur traditions messieurs les professionnels.
    Ajouté le 9 septembre 2010 à 20h50

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