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Sable. Lafarge abandonne son projet d'extraction

4 juillet 2009

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Jeudi soir le préfet mairitime s'est prononcé contre le projet Lafarge d'extraction de sable au large de Gâvres. Lecimentier se retire.

Le collectif du Peuple des Dunes peut crier victoire. Le cimentier Lafarge a annoncé hier, dans un communiqué qu'il ne déposerait pas de demande de concession d'exploitation du sable de la baie d'Etel, entre Gâvres et Quiberon.

Pourquoi cet avis aujourd'hui?

L'argument principal développé par le préfet maritime pour refuser cette concession: la présence de munitions sur le fond, mais aussi sous le fond de cette baie champ de tir depuis deux siècles. On peut quand même s'étonner qu'il ait fallu attendre deux ans pour qu'un préfet maritime donne ce genre d'avis. D'autant que le centre d'essais de Gâvres ferme ses portes au mois de janvier prochain. Néanmoins, c'est une bonne nouvelle pour les dizaines d'associations et élus des communes littorales qui se sont démenées depuis deux ans contre ce projet qui risquait d'être imposé à la population.

Un second combat

Cette population locale n'en est pas à son premier combat contre un gros industriel. On se souvient encore de 1974 lorsque les Morbihannais se sont opposés au projet de centrale nucléaire au milieu des dunes d'Erdeven. Le slogan de l'époque était clair: «Oui aux tétons. Non aux neutrons.» Cette fois, c'est le «marchand de sable» qui n'est pas passé. Les Morbihannais ne se sont pas laissés endormir. Pourtant, toutes les études présentées par le groupe Lafarge montraient qu'il n'y avait aucun risque pour la côte, les plages et l'activité de pêche.

Une masse de sable unique

C'était mépriser le travail d'autres scientifiques, ceux du Peuple des Dunes, mais aussi ceux qui viennent de rendre leur copie à Cap l'Orient. Ce comité d'experts indépendants est clair: «Les arguments successivement avancés pour tenter de démontrer que l'on a un prisme littoral actif et un prisme profond figé, ne résistent pas à l'examen des faits.» En clair: le sable des plages et celui du fond de la mer sont totalement liés et travaillent ensemble. Si l'on touche au fond, ilyaura des conséquences à terre.

Quel sable au Rohu?

L'ensemble de cet argumentaire sera présenté au prochain conseil de la communauté, à Groix. On constatera alors combien, comme le disait hier Norbert Métairie, «les études de l'industriel nient systématiquement les risques.» L'avis du préfet maritime vient donc à point. Hier le groupe Lafarge a retiré son projet, mais il garde son chantier d'installation d'une sablière au port du Rohu à Lanester. D'où viendra le sable qui y sera traité? La question reste sans réponse aujourd'hui, mais déjà certaines voix parlent de sable provenant de gisements étrangers.

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