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Simulation. L'hôpital forme les marins

19 octobre 2011

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Un équipier du maxi-trimaran Banque Populaire blessé. Il faut le soigner et l'évacuer. Cet accident simulé s'est déroulé lundi à la base des sous-marins. Il s'agit du premier exercice du tout nouveau centre de simulation du centre hospitalier de Bretagne-Sud.

«J'ai mal au genou, au cou. J'aides fourmillements au bout des doigts. Je me sens mal. Soulagez-moi les mecs! J'ai envie de vomir!» Pascal Chapelain, formateur de l'Institut de formation des professionnels de santé (IFPS), hurle de douleur et joue son rôle de grand blessé à la perfection. Autour de lui, quatre marins de l'équipage du maxi-trimaran Banque Populaire s'affairent. Le «marin blessé» s'est pris les pieds dans un bout et a lourdement chuté. Polytraumatisé, il gît à l'avant du bateau. Ses coéquipiers vont devoir le prendre en charge, le conditionner, le transporter pour le mettre à l'abri et effectuer un diagnostic, avec l'aide d'un médecin par téléphone satellitaire. Cette simulation d'accident s'est déroulée, lundi après-midi, au port de plaisance de la base des sous-marins, à bord du maxi-trimaran Banque Populaire. Lebateau de course et ses 14 membres d'équipage vont tenter, à la fin du mois, de battre le record du tour du monde à la voile et de décrocher le trophée Jules-Verne. En cas de gros pépin, les eaux dans lesquelles ils navigueront bientôt ne permettront pas d'intervention extérieure. C'est pourquoi, lundi, les quatre référents médicaux de Banque Populaire ont été les premiers à bénéficier de la toute nouvelle structure, créée par le Centre Hospitalier de Bretagne Sud (CHBS): le centre de simulation de Lorient.

Se rapprocher le plus possible de la réalité

«Cette activité de simulation est un nouvel outil pédagogique», explique le docteur Sabine Texier, chef du service des urgences du CHBS et coordinatrice médicale du centre de simulation. «Le but est l'apprentissage par simulation, qui permet de se rapprocher le plus possible de la réalité. C'était jusqu'à présent utilisé dans l'aéronautique et les centrales nucléaires. Ça l'est de plus en plus dans le monde de la santé. Au lieu de prendre le patient comme cobaye, on peut répéter les situations à risque, exceptionnelles». Pour former les médecins ou les infirmiers à des gestes médicaux, le centre de simulation se dotera prochainement d'un mannequin simulateur, d'une technologie très élaborée qui réagit à chaque acte de soins effectué: la respiration, le pouls, le rythme cardiaque et même la parole. Dans le cas de la simulation proposée à l'équipe de Banque Populaire, il s'agit pour le centre de simulation d'ouvrir cette nouvelle pédagogie à de non-professionnels de santé. Et c'est Pascal Chapelain, formateur à L'IFPS et membre du comité de pilotage du centre de simulation, qui a servi de cobaye. «Tout au long de l'exercice, je me suis adapté à leurs gestes, pour tester leurs connaissances», explique-t-il. «Des fourmillements au bout des doigts? Il faut mettre une attelle de Ked qui maintient l'axe cou-tête-tronc, en cas de lésions sur le rachis».

«Le réel est au-delà de ça»

Cette expérience entre Banque Populaire et le centre de simulation de l'hôpital devrait se reproduire régulièrement. «On est précurseur sur ce genre de stage», confirme Sébastien Duclos, directeur adjoint de l'équipe de course. «On devance ce qui va se faire au niveau de la fédération française de voile dans les mois qui viennent. Ça sera bientôt obligatoire pour les grandes courses». «Une simulation comme celle-ci dans notre espace est intéressante», renchérit Frédéric Le Pleutrec, coéquipier de Banque Populaire. On a vu des choses à améliorer, notamment pour descendre le blessé dans le bateau. Mais le réel, c'est au-delà de ça. Onétait à quai. Le bateau ne bougeait pas. Faire la même manipulation en mer, la nuit, avec une mer formée... Mais c'est justement bien de penser à tout cela avant.Il faut refaire ce genre de formation régulièrement».

  • Sophie Paitier
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